Les jeunes face à la crise : Une urgence

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Par Marisol Touraine.

Au plus fort des manifestations lycéennes et étudiantes, Nicolas Sarkozy a tenté d’enrayer la contestation en chargeant Martin Hirsch de faire des propositions « pour une nouvelle politique de la jeunesse » : une commission s’est mise en place, à laquelle je participe, y représentant le groupe socialiste de l’Assemblée nationale. Qu’en restera-t-il ensuite ? Le doute est permis, la politique du Gouvernement depuis deux ans étant tout sauf favorable aux jeunes. Martin Hirsch risque de n’être que l’alibi social d’une politique qui ne l’est pas du tout ! Les contraintes qui nous sont imposées (pas de création d’emplois publics, pas de remise en cause du paquet fiscal de la loi TEPA) sont d’ailleurs problématiques.

Mais sans attendre les conclusions de la commission M. Hirsch va faire des propositions pour éviter que les jeunes ne soient les grands sacrifiés de la crise. Il m’a semblé indispensable que le PS s’exprime avant : à Besoin de Gauche nous l’avons souvent déploré, le Parti socialiste doit proposer en amont, pas seulement réagir aux décisions du Gouvernement. J’ai donc présenté un plan d’action pour les jeunes face à la crise, que le Bureau national a adopté mardi dernier.

Avant d’en présenter les grandes lignes, je voudrais faire part de trois réactions générales. Il est d’abord étonnant que ce soit le « ministre des pauvres » qui devienne le »ministre des jeunes » : la jeunesse est trop souvent perçue comme un problème, alors que les jeunes ne cessent d’inventer de nouvelles formes de culture, de communication, de relations sociales que les adultes s’approprient. Je suis frappée ensuite de l’ambivalence à leur égard : jamais la jeunesse n’a autant été célébrée, jamais les jeunes n’ont été autant stigmatisés. Enfin, il ne faut évidemment pas tomber dans le piège de croire que les jeunes forment une catégorie homogène, transcendant les autres clivages, notamment sociaux : or, ce qui me frappe dans la commission Hirsch, c’est que les étudiants sont représentés par leurs syndicats, alors que les autres, les jeunes qui travaillent, sont en formation, ou galèrent, ceux-là ne sont représentés par personne. Ce sont d’autres qui se chargent de parler pour eux : professionnels de l’orientation, de l’insertion…

Plutôt que de proposer une multitude de mesures, sans doute utiles mais trop éparpillées pour marquer, j’ai choisi d’en privilégier quatre.

D’abord, la création de 100 000 emplois-jeunes : le bilan de 1997 est excellent, et s’il ne fait aucun doute que le secteur marchand est le cœur de notre économie, en période de crise seule la puissance publique a les moyens de réagir vite. Mais surtout je ne vois pas pourquoi le raisonnement de M. Hirsch, qui consiste à anticiper dès l’été prochain les départs en retraite des prochaines années ne vaudrait que pour le secteur privé et pas pour le public, par exemple à l’hôpital.

Ensuite, la création d’un emploi aidé spécifique pour les jeunes, que j’ai baptisé contrat d’insertion-formation. Un contrat aidé, oui, mais avec une formation obligatoire. Je fais partie de ceux qui soutiennent les contrats aidés, mais sans se faire d’illusions sur leur capacité à ramener vers un emploi durable. Or les jeunes doivent avoir un autre horizon que l’assistance : 50 000 contrats aidés donc, pour sa rémunération, accompagnés d’une formation, dans n’importe quel domaine, pour préparer l’avenir.

Il y a aussi les jeunes qui décrochent du système scolaire : lorsqu’ils viennent de le faire, il est temps de valider leurs connaissances, dans le cadre d’une formation non scolaire : c’est ce que le PS a adopté sous le nom d’allocation « formation Rebond ». Une sorte d’école de la 2ème chance, à destination d’autres publics, d’autres situations (25 à 30 000 places).

Enfin, les jeunes sont les premières victimes du chômage après un CDD ,un contrat d’intérim : j’ai repris la proposition du plan de relance socialiste de prolonger la durée d’indemnisation du chômage de 6 mois pour tous ceux qui se trouveront sans emploi après un contrat précaire, au cours des deux prochaines années.

Ces quatre mesures représentent un peu plus de 4 milliards d’euros. C’est beaucoup. Mais c’est à peu de choses près ce que coûte à l’Etat la défiscalisation des heures supplémentaires. Il y a urgence, tout le monde en convient. Il faut maintenant que le Gouvernement agisse.

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Vos commentairesEt vous, qu'en pensez-vous ?

Une Réponse à “Les jeunes face à la crise : Une urgence”

  1. Vote -1 Vote +1

    Isabelle Gachet / 29 juillet / 11:17

    Bonjour

    Je suis particulièrement déconcertée de découvrir qu’il n’y a rien sur ce site sur l’Ecole et l’Education qui devrait être pourtant au coeur de notre projet.
    Isabelle Gachet

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