Verbatim de la table-ronde « Alliances et stratégie du PS »

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Table ronde « Alliances et stratégie du PS »


Pour l’intervention introductive de François Moulias, se reporter à la note disponible sur le site http://besoindegauche.fr/blog/2009/07/01/reunion-du-taillan-medoc-les-notes-introductives. La mauvaise qualité de l’enregistrement audio de certaines interventions ne nous a pas permis de les retranscrire totalement. Nous prions les intervenants concernés de nous en excuser.

Un militant du Gard

La question des primaires et de leur périmètre pose effectivement et de manière crue la question des alliances.

Jocelyn, MJS Val de Marne

Les partis traditionnels sont voués à mourir même si on ne peut pas s’en réjouir. Dans les alliances, et notamment dans la note introductive, on occulte trop souvent les associations, les mouvements qui depuis une dizaine d’années jouent un rôle de plus en plus grand, y compris sur le plan local. Ce sont de petites structures très spécialisées. La question de l’ouverture – y compris avec la primaire – doit les concerner. Ne jamais oublier que le centrisme se définit toujours par rapport aux autres, jamais en lui-même, à la différence des gens de gauche ou de droite. Le centrisme c’est l’opportunisme.

Philippe Sarre, maire de Colombes

Bien évidemment qu’il est nécessaire de définir une stratégie nationale d’alliances, mais attention de ne pas l’imposer aux échelons locaux sans tenir compte des spécificités et des situations. Les exemples de Colombes et d’Asnières, dans le même département, montrent combien des stratégies différenciées peuvent s’imposer. Il est nécessaire de faire preuve parfois d’une certaine souplesse.

Un militant du Val-de-Marne

Notre parti a abordé trop souvent la question des alliances sous l’angle de la sous-traitance : les classes populaires au PC, l’écologie aux Verts, le centre gauche aux radicaux puis au Modem. Ce dernier espace, pourtant, est essentiel. Soit le PS décide de l’occuper, ou alors il faudra bien qu’un parti l’occupe car sans celui-ci nulle victoire à une élection nationale n’est envisageable.

René Rouquet, Député maire d’Alfortville (Val de Marne)

Nous aurions très bien pu commencer cette journée de réflexion par la question des alliances. Car de là dépend à l’évidence le périmètre des alliances. J’ai vécu les quatre premières années du gouvernement de Lionel Jospin comme quelque chose de formidable, avec une machine gouvernementale fonctionnant admirablement bien. Indéniablement, nous avons alors, collectivement, raté l’occasion d’approfondir notre maison. Au niveau municipal, c’est bien ce même périmètre qui fonctionne très bien, avec, à Alfortville, un Groupe majoritaire regroupant tout le monde. Même si ces derniers jours, les Verts commencent à nous inquiéter quelque peu. Le temps qui nous reste jusque 2012 doit être employé pour travailler avec nos alliés traditionnels. Sinon, chacun aura tendance à s’affirmer dans son coin.

François Moulias – Fédération de Paris

Je tiens à rappeler que si évidemment les associations jouent un rôle majeur dans notre pays, ce ne sont toutefois pas des organisations politiques ayant vocation à exercer le pouvoir. Par ailleurs, il convient de prendre garde aux éventuelles incohérences entre un hypothétique schéma d’alliances au « national » et des alliances locales. Mais, cette question de la cohérence des alliances, se pose également à nos propres partenaires éventuels.

Une militante de Paris

Que signifie donc une stratégie d’alliances avec des électorats aussi poreux que ceux du Modem et des Verts ? A quel niveau se situent les stratégies d’alliances ? Et comment les aborder dans le cadre de la réforme territoriale en gestation ?

Marc Sadoun – Fédération des Yvelines

Il convient d’avoir toujours à l’esprit le calendrier politique devant nous pour réfléchir aux alliances. L’objectif final est bien évidemment la présidentielle de 2012. D’ici là, deux grosses échéances électorales : les régionales en mars 2010, les cantonales un an plus tard. Aujourd’hui, 20 des 22 régions métropolitaines et plus de 50 sur 58 des conseillers généraux sont présidés par le Parti socialiste. Si l’on souhaite construire une alliance structurée pour 2012, il faudra à l’évidence être prêt à consentir quelques sacrifices.

Responsable Besoin de Gauche, Gironde

Mettre au cœur de nos alliances la question du fonctionnement démocratique est essentiel. C’est pourquoi une réflexion sur la gouvernance d’une alliance est indispensable.

Jacques Faubert, Fédération de Seine-St-Denis

La question des alliances renvoient aussi à l’éclatement de la conscience de classes. Il faut faire donc de la sociologie car les alliances électorales sont avant tout désormais des alliances d’intérêts et de projets. On est capable de se retrouver sur des projets ponctuels, preuve en est d’ailleurs apporté avec les alliances locales.

Un militant du Gard

Il faut dire qui nous sommes. Les éléments liés à la sociologie se sont amenuisés, ce qui nous renvoie indéniablement à la question du projet. Mais dans cette recherche d’une construction d’alliances politiques, il faut surtout éviter de s’enfermer dans quelques alliances que ce se soit, sinon nous risquons de subir le chantage.

Michel Jeanson, section de Bruxelles

Définir les alliances en amont. C’est essentiel. Le cas belge des alliances post électorales est catastrophique. Les primaires à cet égard de part leur définition du périmètre permettent de clarifier les choses.

Un militant

On ne peut pas faire un parti visant à des responsabilités sans construire un système d’alliances. Le PS doit être le rassembleur de la gauche et du centre pour pouvoir remporter les élections.

Emeric Bréhier – Fédération de Seine-et-Marne

La question des alliances n’est pas une question électorale. C’est se méprendre que l’aborder de cette manière. Pourquoi ? Au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle nous nous sommes focalisés sur le Modem, et maintenant au lendemain des européennes, nous nous focalisons sur les Verts. Et demain, après des régionales où un parti « tartempion » ferait 15%, on se focaliserait sur ce parti ? Qu’est ce que cela veut dire ? La question des alliances est une question trop sérieuse pour être juste abordée sous l’angle des rapports de forces électoraux. Les alliances ne sont pas des additions sans sens politique. Comme les primaires, les alliances se gèrent à froid, pas entre deux tours ou au lendemain d’une défaite cinglante. Les alliances, ca se gère posément. C’est-à-dire que ce système doit être bâti à partir d’un projet. Si l’on ne dispose pas d’un projet politique on ne peut pas avoir d’alliance. A chaque fois qu’une alliance a été victorieuse, c’est bien parce que le Parti socialiste incarnait une alternative politique, qu’il racontait une histoire. Et alors, alors seulement, le PS est devenu une aimant, et non pas de la limaille. Le problème aujourd’hui, quoi que l’on dise de la maison commune, c’est qu’il n’y a pas d’aimant. Et sans aimant, pas d’alliances. Notre responsabilité c’est de travailler sur le projet politique, sur le fond. La preuve est apportée à chaque fois que l’on se pose la question du périmètre et de la nature de nos alliances c’est au lendemain d’une défaite qui nous met en position de faiblesse. Ces échecs sont le résultat, à chaque fois, de nos propres turpitudes. La responsabilité est donc chez nous, pas chez les autres.

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Vos commentairesEt vous, qu'en pensez-vous ?

Une Réponse à “Verbatim de la table-ronde « Alliances et stratégie du PS »”

  1. Vote -1 Vote +1

    Harry Haller / 18 juillet / 14:04

    Je suis complètement d’accord avec le dernier commentaire.
    On pouvait lire dans les notes introductives de la réunion du Taillan-Médoc: “La question des alliances n’est pas neuve : Le PS, qui navigue depuis toujours entre un étiage à 15% et un maximum à 25/30% au sein d’une gauche éclatée en multiples chapelles, ne peut espérer gagner seul.” Ce qui ressort de cette phrase (associée plus loin à la comparaison des deux exemples négatifs d’alliance à l’italienne et de non alliance à l’allemande) c’est le fatalisme, le pessimisme.
    Toute la gauche a grosso modo le même horizon en ligne de mire. Mais chacun avec son appareil choisi une route plus ou moins différente. Le PS ne doit pas naviguer entre les 15 et 30, mais doit viser les 40 rugissants. Pour cela il faut un appareil solide, moderne(le parti), un équipage courageux, uni, une feuille de route(sa vision, son projet)ambitieuse et pour finir un(e) capitaine aux compétences reconnues par le plus grand nombre. Les Français n’embarqueraient-ils pas à bord avec confiance? Pour les présidentielles, c’est le PS qui attire à lui le plus grand nombre de partis mais c’est la droite qui attire le plus de Français! N’est-ce pas à eux que l’on doit s’adresser en priorité? (Mais peut-être que le PS ne sait plus parler aux Français?). Il ne s’agit pas de dédaigner les autres appareils mais de compter avant tout sur ses propres capacités pour atteindre ses objectifs. A chercher sempiternellement une force par le jeu des alliances, le PS ne démontre t-il pas sa faiblesse? Chercher avec autant d’insistance à l’extérieur l’union avec d’autres n’est-il pas une manière de masquer son impuissance face aux désunions internes de son propre parti?

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