Verbatim de la table-ronde « Nouvelles pratiques, nouvelles méthodes »

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Retrouvez par ailleurs toutes les vidéos de cette journée en cliquant sur le lien suivant : http://www.dailymotion.com/group/journeeb2g

Table-ronde « Nouvelles pratiques, nouvelles méthodes »

Pour l’intervention introductive d’Emeric Brehier, se reporter à la note disponible sur le site http://besoindegauche.fr/blog/2009/07/01/reunion-du-taillan-medoc-les-notes-introductives/. La mauvai-se qualité de l’enregistrement audio de certaines interventions ne nous a pas permis de les retranscrire totalement. Nous prions les intervenants concernés de nous en excuser.

Michel Jeanson – militant de la Fédération des Français de l’étranger, section de Bruxelles

J’essaie bien volontiers de faire venir des potes au PS mais j’ai du mal à les convaincre. On n’a pas vraiment de message clair. Face à Sarkozy qui fait preuve d’un volontarisme brouillon, les Français commencent à se désintéresser totalement de la politique et ne se tournent pas vers le PS. Il faut que l’on ait conscience du chemin à parcourir pour redonner confiance dans la politique aux Français.

Etre militant je pense que c’est travailler à améliorer la société, et on devrait penser les militants en terme d’animateurs de réseaux, plutôt que des gens qui vont se réunir une fois par mois dans une salle.

J’ai un problème aussi avec les structures du Parti Socialiste, comment fonctionne le national ? La Fédération ? Qui fait quoi ? On nous demande de nous réunir pour approuver des textes qui sont déjà approuvés par des instances nationales, ce qui n’est pas très motivant. Si l’information circulait au sein des entreprises comme elle circule au PS, cela ne serait pas triste !

Dernier point j’aimerai que l’on fasse un recensement des compétences qui existent au sein du PS : On a 200 000 militants, beaucoup plus de sympathisants. On a un Parti qui ne ressemble pas forcément à la société, il faut l’ouvrir davantage, faire venir de nouvelles têtes et travailler avec des sympathisants pour faire un parti des compétences.

Isabelle Roy – Fédération de Paris

Je crois qu’avec cet atelier on met vraiment l’accent sur ce qui peut être priorisé aujourd’hui au PS. On se rend compte qu’aujourd’hui nos modalités de fonctionnement interne nous font beaucoup de mal. C’est cela que ne supportent plus les Français. Ces divisions que l’on a affiché, encore pendant la campagne. Aujourd’hui, on n’arrive plus à travailler collectivement. Je crois que le système des motions est arrivé à sa fin de cycle.

Si on ne revoit pas notre fonctionnement interne, on aura beau travailler sur un projet, on aboutira à la même chose qu’en 2006, c’est-à-dire un espèce de texte informe. Donc priorité à la refonte de notre fonctionnement interne, c’est une vraie demande des militants.

Il faut aussi lancer un chantier, au niveau des sections, sur le renouveau des pratiques militantes. Il y a aussi de bonnes pratiques dans certaines sections, des idées neuves… Il me semble essentiel de relancer ce débat sur les bonnes pratiques et les nouvelles pratiques militantes dans le parti, et il faut que Besoin de Gauche en soit le fer de lance !

Emeric Brehier – Fédération de la Seine et Marne

Juste quelques remarques pour répondre à ces interventions:

La première c’est que nous devons parvenir à des modifications de notre vie interne pour promouvoir de nouvelles pratiques. Le constat est le suivant, tiré notamment du résultat du fameux Congrès de Reims : Nous avons failli connaître cette ultime schizophrénie socialiste avec une absence de majorité politique émergente au Congrès, et une Première Secrétaire à l’élection contestée. Nous avons une culture et un mode de fonctionnement parlementaire -avec des motions et un Conseil National- mais une élection directe par les militants du ou de la Première Secrétaire, ce qui est l’archétype d’une système Présidentiel. In fine ce qui devrait faire la ligne politique issue du dernier Congrès, c’est-à-dire le vote sur les motions -qui sont toujours des textes idéologiques, jamais des postures, oh grand jamais !- n’a pas été tranchée par ce vote.

L’idée c’est donc de réfléchir aux moyens de dépasser cette contradiction, tout en respectant la culture du Parti Socialiste depuis Epinay, c’est-à-dire le respect des sensibilités politiques dans le Parti par le scrutin proportionnel. C’est là où les choses se corsent un petit peu.

Une des idées notamment, c’est, pourquoi pas, d’instituer deux tours de scrutin au Congrès. Aujourd’hui il y a des contributions et des motions, mais on ne vote pas sur les contributions. On pourrait faire en sorte que l’on vote dès le premier tour sur des textes et qu’au second tour ne puissent se maintenir qu’un certain nombre de motions, selon des modalités à définir : soit seulement les deux premières, soit celles qui auront dépassé 20% par exemple, avec une répartition nationale. Au deuxième tour on voterait donc pour ces motions ayant passé le cap du premier tour. Celles-ci seraient effectivement portées par le candidat ou la candidate pour être Premier Secrétaire, qui ne pourrait être en 17ème place par exemple. La motion qui arriverait en tête verrait alors le ou la première signataire accéder à la fonction de Premier Secrétaire. En quelque sorte on « reparlementarise » totalement notre fonctionnement et on évite cette commission des résolutions dont Pierre pourrait certainement vous parler à l’envi…

Et ainsi le Congrès qui suivrait le vote ne serait plus un Congrès d’affrontement ou de discussions quelque peu byzantines où chacun affirme sa volonté d’aboutir. Ce serait un Congrès qui prendrait acte de l’émergence d’une majorité politique et d’une ou un Premier Secrétaire. C’est un peu ce que font les Conventions Démocrates ou Républicaines, c’est-à-dire un grand rassemblement après que les candidatures aient été tranchées par un vote. C’est l’institutionnalisation du rassemblement du Parti autour de la majorité politique qui s’est dégagée au cours du vote.

Et puis il y a d’autres propositions que nous avons avancé dans l’exposé introductif, je les cite pêle-mêle : On a un retard absolument gigantesque dans notre manière de fonctionner au sein du PS, que ce soit sur l’utilisation des nouvelles technologies, que ce soit sur notre incapacité totale à retenir les militants qui viennent au Parti… Depuis 1981 il y a eu 1,3 million d’adhérents au PS. Aujourd’hui nous sommes 120 000. Le problème, contrairement à ce qui se dit parfois, ce n’est pas que les gens viennent au Parti. C’est qu’ils y restent !

Il y a d’autres problèmes. Un Parti politique c’est aussi de la réflexion idéologique , par les Conventions par exemple. C’est la préparation des élections. Et puis c’est ce que le PS n’a jamais réussi à mettre en œuvre dans son histoire centenaire : la formation. Là il y a une foule de « think thank » ou d’institution proches de nous, comme la Fondation Jean Jaurès, ou l’Ours, ou le Cercle Léon Blum, et l’idée serait de favoriser leur regroupement. Il faut en faire quelque chose de dense, qui soit en capacité de nous accompagner dans notre réflexion, dans notre connaissance de notre histoire, et d’en faire un véritable institut de formation pour les militants.

Dernier point important : il y a une difficulté que l’on ne peut nier, que l’on a vécu récemment, c’est la manière dont on arrive à conjuguer dans le Parti la préparation des listes, la représentation territoriale et le respect des sensibilités. Et quand un parti n’est pas capable de dépasser la seule règle de la calculette pour représenter les sensibilités, c’est à mon sens le signe d’un affaissement global de la vie du Parti. Ce que je vois comme Premier Fédéral, c’est que les sensibilités viennent me voir et me disent « j’ai fait 24%, donc je dois avoir 24% de la liste aux régionales ». Et on risque alors de laisser partir des camarades dont la compétence n’est pas à mettre en cause. C’est un enjeu lourd sinon nous risquons de perdre toute crédibilité.

Voilà quelques remarques, mais le vrai sujet c’est : comment faire en sorte de revivifier le « vivre ensemble » dans ce Parti.

Elizabeth Guy-Dubois

Je propose que l’on s’inspire aussi du fonctionnement de certaines associations et, par exemple dans nos mandats internes au PS, de dire qu’un Secrétaire de Section ne peut occuper cette fonction plus de trois fois de suite pour faire émerger de nouvelles têtes et nous ouvrir davantage à la société civile.

Besoin de Gauche a créé un réseau social, on peut communiquer entre nous dans toute la France, organiser des réunions, suivre des débats. C’est une grande chance. Saisissons nous de cet outil, on est les seuls à l’avoir aujourd’hui.

Un militant des Hauts de Seine

Je partage tout à fait ce qui a été dit et nous avons un énorme travail à faire sur l’ensemble des sujets cités par Emeric. Mais je voudrais revenir sur la question du cumul des mandats qui me semble essentielle. Il faut être très offensif sur cette question, pour plusieurs raisons :

La première c’est que si on le fait pas on se fera déborder par la droite, et c’est la droite qui prendra l’initiative sur cette question pourtant emblématique de la gauche. On n’a pas, une fois de plus, à se faire déborder. Il faut absolument revenir à cette question et la traiter au fond.

La traiter au fond cela veut dire qu’il faut empêcher le cumul des mandats dans le temps et empêcher le cumul des fonctions.

Pourquoi ? D’abord parce que dans un Parti qui prône la fraternité, qui prône le travail d’équipe, il me semble que la moindre des choses c’est de le mettre en pratique ! On peut quand on est élu Maire abandonner son mandat de Conseiller Général – je l’ai fait à titre personnel- pour faire émerger de la diversité, une représentation plurielle de la société.

Deuxième raison : il me semble que le cumul des mandats favorise les baronnies. Combien voit on de Députés-Maires, de Maires-Conseillers Généraux qui, comme par hasard, quand ils soutiennent un candidat, obtiennent dans leur section un pourcentage très fort en faveur de ce candidat ? Puis quand ils en soutiennent un autre, six mois après, j’ai des exemples, ils obtiennent à nouveau un score très important en faveur du candidat qu’ils soutiennent ! Ce sont des pratiques qui plombent le Parti !

Elles touchent également la constitution de nos listes aux régionales. En dehors du trébuchet que l’on utilise pour mesurer le poids de telle ou telle motion, ce qui me semble totalement dépassé, on a aussi le poids de ces barons là !Il poussent, ils jouent des coudes, ils font obstacle au renouvellement !

Je crois qu’il faut que l’on soit très offensif sur cette question du cumul des mandats. Bien sûr elle implique de travailler sur le statut de l’élu, ce n’est pas dissociable, et j’engage certains camarades à passer à l’acte, concrètement, lorsqu’ils cumulent les mandats ! (vifs applaudissements).

Jean-François Césarini – Fédération du Vaucluse

A propos des « baronnies » dont nous venons de parler, l’un des arguments de la primaire ouverte, c’est aussi de faire exploser les baronnies. 2 millions de personnes qui viennent voter, cela relativise le poids des barons.

Sur les agglomérations : on a été les premiers à porter le suffrage universel pour les agglos, sur le principe des grandes villes : quand on vote pour son Maire d’arrondissement, on vote aussi pour le Maire de la ville. On pourrait faire pareil et voter à la fois pour le Maire de la commune et pour le Président de l’Agglo. Nous avons été les premiers à en parler, nous devrions remettre cela en avant.

Sinon deux choses, une sur les Européennes, une autre sur les Congrès.

Je suis content que l’on parle de la réforme des statuts, et notamment de la réforme des Congrès. Certains militants me disent que ce n’est pas le moment pour des réformes d’appareil. Je pense que ce n’est pas au moment où les électeurs aux Européennes nous ont fait –aussi- payer le Congrès de Reims qu’il faut renoncer. Tant qu’on fera des Congrès tels qu’on les fait aujourd’hui, les Français ne nous le pardonneront pas. Sur la réforme des Congrès on a quelques idées dans le Vaucluse. On pensait par exemple faire voter sur les Contributions. Au stade des Contributions, c’est quand même là où les idées vivent le plus. C’est là où les militants sont les plus actifs, on en sait quelque chose à Besoin de Gauche : on est d’abord une Contribution. On sait ce que peut amener une Contribution en terme d’innovation, en terme de vitalité. On pourrait imaginer que les contributions qui dépassent 15 ou 20 % pourraient fusionner avec d’autres contributions, voire même aller à la motion.

Sur les Européennes : ils y a des candidates et candidats à l’investiture dans tous les départements. Plutôt que de voter sur des listes toutes faites et prendre les sections pour des chambres d’enregistrement –c’est cette liste là ou rien – pourquoi ne pas voter sur les candidats locaux ? Le premier et la première arrivés en tête seraient sur la liste de la grande région, et les autres suivraient au prorata du nombre de votants. Comme cela on ne pourra pas dire : « ah ben non, ce n’est pas celui ou celle qu’on voulait ». Ce serait plus simple que l’on vote une fois sur les candidates ou les candidats à l’investiture, comme on le fait partout !

Mounia – Fédération de Seine Saint Denis (Aubervilliers)

On a des militants qui sont centrés sur le Parti et ses problèmes. A un moment donné je crois qu’il va falloir que nos militants réinvestissent le tissu associatif, réinvestissent l’ensemble des réseaux qui peuvent exister. Si on ne le fait pas, on y arrivera jamais. C’est une des pistes majeures sur laquelle il va falloir travailler tous ensemble.

Marc Sadoun – Fédération des Yvelines :

Je rapprocherai cet échange de la première table ronde et je pense que la question des primaires ne doit pas se limiter à la désignation du candidat à la Présidentielle. Pourquoi je dis cela ? Parce que j’aime bien les critiques qui sont formulées à juste titre sur les baronnies, le chef du village qui décide pour tout le monde, tout le monde restant le petit doigt sur la couture du pantalon. Ces pratiques répondent à des identités géographiques que tout le monde connait, soit immuables pendant 40 ans, soit qui changent à 180° toutes les trois semaines, mais de toutes façons au pas cadencé.

Ce qu’il faut surtout modifier dans nos règles internes, c’est la désignation de nos candidats, mais à toutes les élections !

Tant qu’il suffira, dans une section, de faire 9 voix un soir de semaine dans une salle sombre, pour être le candidat ou la candidate, forcément cela aura des conséquences sur la vie de la section et la vie locale.

Deuxième chose par rapport à nos débats du Congrès : Si l’on veut attirer un petit peu, il faut arrêter que les socialistes fassent uniquement semblant d’avoir des débats de fonds une fois tous les trois ans. Il faut multiplier les débats de fonds, les Conventions –c’est quelque chose que l’on porte nous de manière assez régulière- pour deux raisons essentielles.

C’est parce que d’abord cela déconnecte les sujets de débats des enjeux de personnes. Cela permet un brassage des idées avec un petit peu moins de craintes pour l’un ou l’autre de voir arriver trop de nouveaux, ou d’être déboulonné de là où il est.

Catherine Guy-Quint – Fédération du Puy de Dôme

Je voudrais seulement intervenir sur le fait que l’on parle depuis tant d’années de nos pratiques internes au PS que, après 20 ans, je trouve que cela se dégrade de plus en plus. Le Congrès de Reims et ses conséquences sur les dernières élections l’ont parfaitement illustré. Je crois que cette fois c’est devenu tangible pour tout le monde : pour les élus, les militants et surtout pour les citoyens.

Le meilleur des exemples c’est Henri Weber qui, comme jeunot, a pris ma place : il a 66 ans et j’en ai 60 !C’était mon ambition : laisser la place à un jeune ! La liste n’ayant pas été votée par le secteur, le PS a eu l’inconvenance de le laisser en place. Et voyez vous cela a été très mal vécu, parce que quand on met en place des règles qu’on est pas capable d’appliquer soit même c’est scandaleux. Je me permet cet aparté…

Je crois qu’être militant c’est terrible, frustrant, parce qu’on a l’impression que, même si l’on a pas pris une « carte alimentaire », on a l’impression qu’on existe pas.

Grâce au site dont on a parlé nous avons l’outil pour essayer de changer et pour trouver des méthodes pour que nos militants, nos sympathisants, ceux qui sont intéressés par notre projet, notre façon de voir la politique, puissent porter de nouvelles pratiques. Ce que j’aimerai beaucoup c’est que pendant les vacances on regarde, avec ceux qui peuvent le faire, parce que militer prend beaucoup de temps, bouffe la vie, comment avec nos nouveaux outils on pourrait partager des informations avec les gens de Besoin de Gauche. Avec un élément qui me semble très important, c’est que ce soit dans les deux sens : montant et descendant. Montant parce que les responsables politiques n’ont plus les moyens de connaître les soucis dramatiques qui pèsent réellement sur de nombreux secteurs. Et descendante, avec une notion qui n’est pas vraiment prise en compte, c’est celle du temps. Le temps qu’une information descende elle n’est plus déjà plus d’actualité.

Il faut aussi continuer à militer pour le non cumul des fonctions et des mandats. C’est quelque chose que nous devons exiger. Et je souhaite que vous suiviez bien le travail parlementaire européen dans les semaines qui viennent, pour pouvoir faire le tri entre ceux qui devraient y être et ceux qui n’auraient même pas avoir eu le droit d’y prétendre….

Un militant des Hauts de Seine

Le PS meurt aussi d’un fonctionnement non seulement féodal mais quasi censitaire. Avec deux corps au sommet de la pyramide : d’un côté des élus par les citoyens, de l’autre des élus internes qui ont gravi les échelons progressivement et qui ont patienté longuement…. C’est pour cela que je voudrai revenir sur une idée qui est dans la note ; à savoir que les Secrétaires Nationaux auraient vocation à devenir Ministres. L’idée même que l’on puisse mettre en place un contre gouvernement c’est favoriser la course à l’échalote et faire perdurer cette culture élective au sein du PS qui décourage les militants. Ceci me rappelle une citation d’un secrétaire de section à Paris qui me disait : « ceux qui sont au sommet ne sont pas forcément les plus compétents, mais ceux qui sont restés accrochés à leur rocher le plus longtemps. ».

Je crois qu’il faut appuyer l’idée qui est dans la note de pousser le fait majoritaire. Attention en voulant, à titre de compensation, renforcer les droits des minorités, à ne pas encourager la cacophonie au sein du PS. A un moment donné il y a une majorité et une minorité : pardon d’être un peu martial mais la minorité doit se soumettre ou se démettre, ou alors aller au Front de Gauche.

Enfon, on a mis l’accent sur la formation. Je pense que c’est important, en même temps la formation a souvent été brandie ou utilisée par d’anciens militants comme l’habit déguisé du formatage ! La richesse du PS elle vient des nouveaux militants qui sont nombreux à être repartis justement parce que l’on n’utilise pas leurs compétences, parce qu’il faut attendre des années avant d’espérer pouvoir contribuer d’une manière ou d’une autre…. Ils sont là les 3 millions de militants qui se sont barrés, tout simplement….

Laurent Azoulai : C’est quand même pas mal si les nouveaux militants connaissent un peu l’histoire du PS, de ses Congrès et des grandes idées politiques…

Le militant des Hauts de Seine : D’accord pour la formation, mais attention à ne pas formater !

Emeric Brehier – Fédération de Seine et Marne

Ce qui me semble le plus important, c’est qu’on a un Parti qui fonctionne avec des modes figés. Le besoin d’aujourd’hui dans nos modes de fonctionnement, nos modes de désignation, nos modes de promotion, c’est de faire droit à cette demande de fluidité.

Cela rejoint ce que tu disais sur le fait qu’il faut attendre des années et des années pour être –même pas écouté- pour être déjà légitime à parler. Quand vous entrez dans une section, moi j’ai fait cette expérience là, pendant un an je me suis tu, j’ai regardé, j’ai écouté, j’ai appris…. Après, ayant été présent pendant un an, j’ai gagné le droit de prendre la parole.

Un des grands chantiers qui s’ouvre devant nous, c’est de mettre dans le fonctionnement du Parti beaucoup plus de fluidité et de simplicité.

Vous connaissez cette boutade qui dit qu’au PS il y a 3 types de militants : l’élu, celui qui veut être élu, et celui qui travaille pour les élus…. Elle n’est pas totalement ironique : moi je suis élu, je travaille pour un élu, et j’espère être élu… Le seul problème c’est qu’il n’y a que cela !Et que les copains qui viennent parce qu’ils sont investis dans des associations (parce que ça existe encore, quand même…), ils restent 1,2,3, 4 ans et au bout d’un moment ils s’épuisent parce que justement il y a cette absence de fluidité dans nos modes de fonctionnement.

Moi je pense qu’il faut mettre de la prime majoritaire dans ce Parti, sinon on va crever. Je ne vois pas comment on peut m’expliquer que c’est anti-démocratique alors que c’est nous-mêmes qui l’avons institué pour les Municipales et pour les Régionales. Ce qui est bon pour la République ne peut pas être mauvais pour le Parti, ou alors il y a là une schizophrénie supplémentaire… Mais ce qui est important c’est de donner des responsabilités aux oppositions, ou aux minorités pour utiliser un terme plus juste, au sein du Conseil National. Il faut donner des capacités d’interpellation du Secrétariat National aux membres du Conseil National, et donc aux minorités qui ne seraient pas membres du Secrétariat National.

D’autant plus que le Conseil National c’est c… comme la mort. Vous avez 25 interventions qui se suivent, totalement inintéressantes – à part celle de Pierre bien sûr- qui répètent la même chose que la précédente et se succèdent sans intérêt. A aucun moment vous n’avez un vrai rapport politique présenté au CN, qui a été envoyé en amont aux membres, qui est débattu, qui est amendé, comme il devrait l’être dans un Parlement (puisque l’on considère que le CN c’est le Parlement du Parti).

Prenons le texte que l’on nous a demandé d’approuver aux élections européennes. Quelle tartuferie ! On le soumet au Conseil National, sans que nous l’ayons eu en amont, donc on découvre le texte et on nous demande de voter pour ou contre ou de s’abstenir ! Et ensuite on redemande aux militants de revoter ce texte déjà voté par le CN, alors que le CN est l’émanation des militants…

Soit on estime que le Conseil National a un tant soit peu une légitimité politique et dans ce cas là il est légitime à prendre une décision. Soit on estime que le sujet a tellement d’importance, car il touche par exemple à la déclaration de principes, ou au projet du PS a travers des Conventions, à la ligne politique du Parti, et là il est normal que ce soient les militants qui décident.

Pour revenir aux « échelons »… On en crève. Pour se présenter au suffrage universel ou même à une élection interne, si vous n’avez pas 15 ans de Parti vous êtes complètement illégitime. C’est un vrai problème dans ce Parti. Et il y a plein de militants qui viennent, et pas forcément pour avoir des mandats mais pour s’investir et avoir un engagement partisan. Ceux là on ne sait qu’en faire, ils doivent attendre 10 ou 15 ans et résultat, quand vous vous retournez ils ne sont plus là ! Si on ne règle pas ce problème on va en crever.

Cécile Ha Minh tu – Fédération de Haute Garonne

Vous avez fait le débat. Je vais simplement illustrer les trois sujets évoqués. Comment faire émerger les meilleurs candidats ? Comment avoir des débats de fonds, indépendants des échéances ? Comment améliorer nos règles de fonctionnement ?

Trois anecdotes issues de mon expérience pour illustrer ce débat.

Premièrement, Je suis sur un territoire où celui qui est légitime pour être le prochain Président du Conseil Général, et celui qui est légitime pour Présider le Conseil Régional ont aujourd’hui tous les deux 74 ans ! J’ai un immense respect pour ces personnes, très sincère, parce qu’ils ont su porter beaucoup de choses, gagner des élections et développer nos territoires, mais ils ont 74 ans et ils pensent être totalement légitimes!

Deuxièmement, je suis sur un territoire où nous avons tout : la Région, le Département, la Préfecture, les sous-Préfectures… Nous avions 4 Sénateurs, et le mode de désignation changeant pour passer à 5 Sénateurs fait que nous avons eu une désignation sur liste. Et bien de quatre Sénateurs on est passés à deux alors qu’on aurait dû avoir les cinq, parce qu’on est tombé dans ces travers, ces modes de désignation obscures sur un coin de table.

Troisièmement, j’ai fait un passage éclair au Secrétariat National, comme Secrétaire Nationale aux transports, que j’ai quitté pour des raisons professionnelles. Au premier Secrétariat National on était beaucoup –on était moins nombreux ces derniers temps- on était une soixantaine et j’ai fait un calcul rapide : j’ai compté le nombre de personnes qui étaient salariées du privé. Et j’en ai trouvé cinq ! On était cinq sur soixante…

C’est une conclusion claire : la rénovation de nos règles de fonctionnement et de nos modes de désignation est quelque chose de fondamental. Merci.

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