Audition BACHELOT : mauvaise manière.
Par Marisol Touraine
Hier soir, les députés ont auditionné R. Bachelot sur la politique suivie face à la grippe A.
Audition de 21 heures à minuit, au même moment que les vœux du président de l’Assemblée nationale : ce n’était pas la foule des grands jours, certes, mais il y avait suffisamment de députés aguerris pour titiller la ministre. J’en étais. Je n’attendais pas grand chose, la déception n’est donc pas au rendez-vous. Mais l’exercice, convenu en diable, n’a apporté aucun nouvel éclairage sur la manière dont a été gérée cette crise.

Photo de Sylvain Naudin
Car enfin, s’il fallait évidemment se préparer au pire, c’est, de l’aveu même du gouvernement, l’incertitude qui prévalait : pourquoi alors ne pas avoir prévu un dispositif évolutif, et en particulier n’avoir pas négocié avec les labos la possibilité d’adapter les achats de vaccins en fonction de la progession de la pandémie ? La ministre, droite dans ses bottes, a affirmé que la campagne de vaccination n’est pas un échec mais attaque tête baissée l’opposition à qui elle impute la responsabilité du faible nombre de vaccinés ! C’est un peu fort, risible à défaut d’être crédible, et surtout contradictoire. De la même manière, avec une agressivité de taureau blessé, R. Bachelot a répété que si c’était à refaire, elle referait tout à l’identique : bel exercice d’auto satisfaction que vient cependant désavouer la décision de permettre enfin aux généralistes de vacciner. Si tout était parfait, pourquoi changer ? Quant à la volonté de vacciner toute la population, désavouée par la majorité des spécialistes, elle n’aura même pas permis de garantir que les Français les plus fragiles auront bien été protégés : un comble !

Photo de chrisstreeter
Cet océan de paroles convenues est regrettable : pourquoi ne pas dire, simplement, qu’une telle crise appelle des tâtonnements, reconnaître des erreurs, proposer d’en tirer des leçons pour l’avenir ? A cultiver l’opacité, le gouvernement autorise toutes les suspicions, notamment sur ses liens avec l’industrie pharmaceutique. A refuser de s’expliquer, les pouvoirs publics minent la confiance à l’évidence fragile des Français dans les préconisations de santé publique qu’ils leur adressent. Drapée dans sa dignité de ministre bafouée, R. Bachelot a perdu une occasion de donner du souffle à son action.
Source : http://www.marisoltouraine.typepad.fr/
Photo de Une : CC Pierre -M-
Mots clefs : Bachelot, Grippe A, H1N1, industrie pharmaceutique, Marisol Touraine, Santé, vaccination












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