J’ai enfin réussi à budgétiser mes loisirs (et voici ce que j’ai appris)

J’ai enfin réussi à budgétiser mes loisirs (et voici ce que j’ai appris)

L’histoire de Chantal Goya qui se retrouve à devoir vendre son château après des années de train de vie ingérable, ça m’a un peu secoué quand j’ai vu passer l’info. Pas parce que je vis dans un château (spoiler : non), mais parce que ça remet un truc en perspective : quel que soit ton niveau de revenus, si tu ne planifies pas tes dépenses de loisirs, tu peux te retrouver dans une situation absurde. Et le divertissement, c’est LE poste qui déborde en premier chez la plupart des gens que je connais.

Perso, pendant des années j’ai été dans le déni. Je notais mes courses, mon loyer, mes factures, tout ce qui rentre dans la case « sérieux ». Le reste ? Une espèce de brouillard. Sorties, restos, abonnements streaming, un week-end improvisé, un jeu vidéo à 70 balles parce que « allez, une fois ». À la fin du mois, tu regardes ton compte et tu comprends pas. Enfin si, tu comprends très bien, mais tu préfères pas.

Le truc qui a tout changé pour moi, c’est d’avoir arrêté de considérer le divertissement comme une variable d’ajustement. Franchement, c’est un poste comme un autre. Tu le budgétises, tu lui donnes un montant, et tu t’y tiens. J’ai commencé à faire ça il y a environ dix-huit mois, et depuis, je dépense probablement autant qu’avant en loisirs, mais je ne culpabilise plus. Nuance énorme.

J'ai enfin réussi à budgétiser mes loisirs (et voici ce que j'ai appris)

Le principe est bête : à chaque début de mois, je décide combien je peux mettre dans le « plaisir ». Genre vraiment plaisir, pas les charges déguisées en plaisir (le forfait mobile n’est pas un loisir, désolé). Ensuite je répartis. Une partie pour les sorties spontanées, une partie pour les abonnements récurrents, et une petite enveloppe « jeu » qui inclut aussi bien un DLC de Baldur’s Gate qu’une session sur Alexander Casino quand j’ai envie de tenter deux-trois trucs — d’ailleurs j’en parle un peu plus sur ce site si le sujet vous intéresse. L’idée n’est pas de se priver, c’est de savoir où va l’argent.

Ce qui m’a beaucoup aidé aussi, c’est les applis. Genre vraiment. J’en ai testé une bonne dizaine et la plupart sont, disons, oubliables. Mais deux ou trois font vraiment le job pour catégoriser automatiquement les dépenses. Tu paies un resto, hop, ça atterrit dans la bonne case. Tu vois en temps réel où tu en es sur ton enveloppe « sorties ». Quand tu dépasses, ben tu dépasses en connaissance de cause, pas par accident. C’est toute la différence.

Le voyage, c’est un cas particulier. Parce que là on parle rarement de 30 euros mais plutôt de plusieurs centaines voire milliers. J’ai vu récemment une liste d’applis « indispensables pour partir en vacances » et je trouve que c’est un très bon exemple de comment le divertissement peut être planifié intelligemment. Tu prépares en amont, tu compares, tu réserves au bon moment, et globalement tu paies moins cher pour la même expérience. Franchement, c’est du temps investi qui rapporte cash.

Un autre truc que je fais depuis un moment : la règle des 48 heures pour tout achat plaisir au-dessus de 50 euros. Tu as envie d’un truc ? Tu attends deux jours. Dans 70% des cas (chiffre inventé mais tu vois l’idée), l’envie passe. Ce qui reste après 48h, c’est probablement quelque chose que tu voulais vraiment.

Pour ceux qui ont des gamins, c’est encore une autre paire de manches. J’ai des potes à Montréal qui me disaient récemment qu’ils étaient tombés sur un guide avec genre 33 activités à faire avec des enfants dans la ville. Ils m’ont montré, et ce qui m’a frappé, c’est le nombre d’activités gratuites ou quasi gratuites. Parcs, musées avec accès libre certains jours, événements de quartier. Le divertissement familial ne coûte pas forcément un bras si tu prends le temps de chercher. Le problème, c’est que la facilité, c’est d’aller au parc d’attractions à 60 euros la place — un peu comme ces sponsorings de jeux d’argent ciblant les jeunes qui font débat, on cède souvent à ce qui est visible plutôt qu’à ce qui est vraiment bien.

Un truc qui me tient à cœur : arrêter d’opposer « planification » et « plaisir ». Dans ma tête pendant longtemps, planifier c’était l’anti-plaisir. En vrai c’est l’inverse. Quand je sais que j’ai 80 euros dispo pour un resto ce week-end, je choisis un bon resto et j’y vais sans arrière-pensée. Alors qu’avant, je serais allé dans un truc moyen en me disant « faudrait que je fasse gaffe », et j’aurais quand même culpabilisé après.

Y’a un dernier point que je veux mentionner parce qu’on en parle jamais assez : les abonnements. Netflix, Spotify, Disney, Prime, Canal, le club de sport, l’appli de méditation que t’as téléchargée en janvier et jamais rouverte… Fais le total. Vraiment. Pose-toi et fais le total sur douze mois. La première fois que j’ai fait ça, j’ai découvert que je claquais l’équivalent d’un week-end à l’étranger en abonnements dont j’utilisais peut-être la moitié.

J’ai résilié trois trucs le soir même.