Comment la Gen Z m’a fait comprendre que je regardais Netflix comme un boomer

Comment la Gen Z m’a fait comprendre que je regardais Netflix comme un boomer

Ma nièce de 17 ans m’a regardé avec pitié l’autre jour. J’étais tranquille sur mon canapé, en train de lancer un énième épisode de série sur Netflix. « Tu regardes encore des trucs où tu peux rien faire ? », elle m’a demandé. Sur le coup, j’ai pas compris. Puis elle m’a montré son téléphone : elle était en train de participer à un live TikTok où les viewers décidaient de la suite de l’histoire. Mind blown.

Clairement, y’a un fossé qui se creuse entre ma génération et celle des 15-25 ans niveau divertissement. D’ailleurs, c’est marrant parce qu’on retrouve cette recherche d’interactivité partout maintenant – même Casinozer en France a intégré des mécaniques de gamification qui parlent à ce public. Bref.

Le divertissement passif, c’est fini ?

Ce qui me frappe le plus, c’est que les jeunes veulent participer. Activement. Une étude récente montre que 73% des 18-24 ans préfèrent du contenu où ils peuvent influencer le résultat. Fini l’époque où on se posait devant la télé pour subir ce qu’on nous servait.

Franchement, je comprends l’attrait.

L’autre jour, j’ai testé un de ces fameux jeux interactifs sur YouTube où tu choisis tes réponses. Au début, j’étais sceptique (« c’est juste un livre dont vous êtes le héros en vidéo »). Mais en fait… c’est addictif. Tu te sens impliqué, tu réfléchis, tu participes. C’est pas juste du divertissement qu’on consomme passivement.

Pourquoi ils boudent les jeux vidéo AAA

Un truc qui m’a surpris dans mes recherches : l’industrie du jeu vidéo commence à paniquer. Les jeunes achètent moins de gros jeux à 70€. Par contre, ils passent des heures sur des jeux gratuits avec leurs potes.

Type de jeu Temps passé (heures/semaine) Argent dépensé (€/mois)
Jeux F2P multijoueur 15-20 5-10
Jeux AAA solo 3-5 20-30
Jeux mobiles sociaux 8-12 0-5
Streaming interactif 10-15 0-15

Le paradoxe est là : ils passent plus de temps à jouer mais dépensent moins. Pourquoi ? Parce que pour eux, l’aspect social prime sur le reste. Un jeu où tu peux pas jouer avec tes potes, aussi beau soit-il, ça vaut pas le coup.

Comment la Gen Z m'a fait comprendre que je regardais Netflix comme un boomer
Comment la Gen Z m’a fait comprendre que je regardais Netflix comme un boomer

La révolution du « jouer ensemble »

Mon neveu de 19 ans passe ses soirées sur Discord avec sa bande. Ils jouent, regardent des vidéos ensemble (oui, regarder YouTube à plusieurs à distance, c’est une chose), commentent en direct. C’est leur façon de sortir sans sortir.

Ce qui est fou, c’est que même les plateformes traditionnelles s’y mettent. Les nouvelles chaînes gratuites qui débarquent sur les box TV essaient d’intégrer des fonctions sociales. Voter pour la suite d’une émission, commenter en direct… La télé essaie de rattraper son retard.

Les créateurs de contenu, nouveaux rois du divertissement

Si y’a bien un truc que la Gen Z m’a appris, c’est que les stars d’aujourd’hui ne sont plus à Hollywood. Elles sont sur Twitch, TikTok, YouTube. Des mecs et des meufs qui streament depuis leur chambre ont plus d’influence que des acteurs millionnaires.

Perso, j’ai mis du temps à comprendre l’attrait. Regarder quelqu’un jouer pendant des heures ? Sérieux ?

Puis j’ai capté. C’est pas le jeu qu’ils regardent. C’est la personnalité, l’interaction, le fait de faire partie d’une communauté. Quand ton streamer préféré lit ton message et y répond en direct, tu te sens connecté. C’est ça que la télé traditionnelle peut pas offrir.

L’authenticité avant tout

Les jeunes ont un radar à bullshit ultra développé. Un créateur qui fait trop de placements de produits, qui devient trop « corporate », il se fait dégager direct. Ils veulent du vrai, du spontané, des gens qui leur ressemblent.

C’est d’ailleurs pour ça que les formats courts cartonnent. Un TikTok de 30 secondes peut avoir plus d’impact qu’un film de 2 heures. Parce que c’est direct, brut, sans filtre (enfin, avec des filtres mais vous voyez ce que je veux dire).

Et la politique dans tout ça ?

Truc intéressant que j’ai découvert : même en politique, cette génération change la donne. Au Népal récemment, six mois après leur révolution, les jeunes utilisent les mêmes codes du divertissement pour faire passer leurs messages politiques. Memes, vidéos virales, lives…

C’est plus « votez pour moi parce que j’ai de l’expérience ». C’est « votez pour moi parce que je comprends vos références et je parle votre langue ».

Franchement brillant.

Les dérives qu’on commence à voir

Bon, tout n’est pas rose non plus. Cette recherche constante d’interactivité et de sensations fortes pousse certains dans des trucs limites. Le « risque comme divertissement », c’est devenu une vraie tendance. Des défis stupides aux paris en ligne, la frontière devient floue.

Une étude récente sur les relations de la Gen Z montre aussi des trucs inquiétants. Les codes du divertissement s’immiscent partout, même dans l’intimité. Tout devient performance, tout doit être « content-worthy ».

Y’a des moments où j’ai envie de leur dire : « Eh, c’est ok de juste… vivre. Sans filmer. »

Ce que ça change pour l’avenir

Ce qui est sûr, c’est que l’industrie du divertissement ne sera plus jamais la même. Les vieux modèles explosent. Netflix qui sort des épisodes interactifs, les jeux vidéo qui deviennent des espaces sociaux, les réseaux sociaux qui deviennent des plateformes de gaming…

Les frontières s’effacent.

Pour quelqu’un de ma génération, c’est déstabilisant. Mais c’est aussi excitant. Cette génération nous force à repenser notre rapport au divertissement. À être acteurs plutôt que spectateurs.

Ma nièce avait raison finalement. Pourquoi juste regarder quand on peut participer ?